Le portfolio comme preuve de travail
Si tout le monde peut montrer de belles images, le recrutement cherche autre chose. Enquête auprès de vingt-six recruteurs.

Une preuve qui ne prouve plus
Le portfolio a longtemps fonctionné comme une preuve : ces images existent, je les ai faites, donc je sais faire. Le raisonnement suppose que la production d'une belle image soit coûteuse. Les vingt-six recruteurs que nous avons interrogés considèrent que cette hypothèse ne tient plus.
Ce qu'ils regardent désormais
Dix-neuf déclarent accorder plus d'importance qu'auparavant au récit du processus : les versions écartées, les contraintes, les arbitrages. Onze demandent un exercice en présence. Six ont introduit une mise en situation de critique, où le candidat commente le travail d'autrui plutôt que le sien.
Un tri qui n'est pas neutre
Ce déplacement favorise les candidats capables de verbaliser, ce qui n'est pas socialement neutre. Les recruteurs eux-mêmes le reconnaissent dans neuf entretiens sur vingt-six. Personne, dans notre échantillon, n'a mis en place de correctif.
Je ne demande plus ce qu'il a fait. Je demande ce qu'il a jeté, et pourquoi. La réponse est beaucoup plus difficile à préparer.
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