Facturer un temps qu'on ne passe plus
Quarante-deux graphistes indépendants racontent comment ils ont ajusté leurs tarifs, ou décidé de ne pas les ajuster.

L'accord tacite de l'heure
La tarification horaire repose sur un accord tacite : le temps passé mesure la valeur produite. Cet accord tient tant que la durée d'une tâche reste stable. Quand elle est divisée par quatre, le professionnel qui facture honnêtement son temps voit son revenu baisser à travail égal.
Quatre stratégies observées
Nous avons interrogé quarante-deux indépendants en graphisme et en identité visuelle. Quatorze ont augmenté leur taux horaire sans le dire. Onze sont passés au forfait par projet. Neuf n'ont rien changé et absorbent la baisse. Huit ont augmenté le volume de commandes acceptées, ce qui rétablit le revenu et allonge la semaine.
Je facture toujours deux jours. Ça m'en prend un. Je ne vais pas expliquer à mon client que j'ai appris à aller vite.
Le forfait déplace le risque
Le passage au forfait apparaît comme la réponse la plus stable, mais il déplace le risque vers l'indépendant : si le projet dérape, la perte est pour lui. Sept des onze personnes concernées ont introduit une clause de révision au-delà d'un nombre d'allers-retours. Les quatre autres ont connu au moins un projet déficitaire depuis le changement.
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