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Terrain

Apprendre le métier sans le faire

Les tâches confiées aux débutants sont les premières à disparaître. Deux écoles et quatre studios cherchent quoi mettre à la place.

Rania BouabdallahUniversité Paris-Saclay12 mai 20261 min de lecture
Entrée à colonnes d'un bâtiment public.

Les tâches qui ont disparu

Détourer des images, décliner un format, préparer des fichiers d'exécution. Ces tâches étaient ennuyeuses et mal payées, et elles constituaient l'essentiel de la première année d'un graphiste. Elles apprenaient la matière : les contraintes d'impression, les défauts de gabarit, la fatigue d'une police mal choisie.

Elles ont largement disparu des studios que nous avons visités. Les responsables pédagogiques que nous avons rencontrés en tirent des conclusions opposées.

Deux réponses opposées

Une école a fait le choix d'augmenter la part de production manuelle, en réintroduisant la typographie au plomb et la sérigraphie. L'objectif affiché est de reconstituer l'expérience de la contrainte matérielle. Une autre a fait le choix inverse et a placé l'exercice du jugement au centre : les étudiants ne produisent presque plus, ils sélectionnent et défendent.

On a essayé de leur faire faire ce que le studio ne leur demandera plus. Je ne sais pas encore si c'est de la formation ou de la nostalgie.

Responsable pédagogique, école de design, région lyonnaise

Deux cohortes à suivre

Aucune de ces deux réponses n'a encore produit de promotion arrivée sur le marché. Nous suivrons ces deux cohortes jusqu'en 2028.

Écrit par Rania Bouabdallah

Thèse soutenue en 2021 sur la recomposition des métiers du graphisme dans les agences indépendantes. Enquête depuis six ans dans les studios de design, principalement à Lyon, Nantes et Bruxelles. Enseigne la sociologie des professions en master.

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