Apprendre le métier sans le faire
Les tâches confiées aux débutants sont les premières à disparaître. Deux écoles et quatre studios cherchent quoi mettre à la place.

Les tâches qui ont disparu
Détourer des images, décliner un format, préparer des fichiers d'exécution. Ces tâches étaient ennuyeuses et mal payées, et elles constituaient l'essentiel de la première année d'un graphiste. Elles apprenaient la matière : les contraintes d'impression, les défauts de gabarit, la fatigue d'une police mal choisie.
Elles ont largement disparu des studios que nous avons visités. Les responsables pédagogiques que nous avons rencontrés en tirent des conclusions opposées.
Deux réponses opposées
Une école a fait le choix d'augmenter la part de production manuelle, en réintroduisant la typographie au plomb et la sérigraphie. L'objectif affiché est de reconstituer l'expérience de la contrainte matérielle. Une autre a fait le choix inverse et a placé l'exercice du jugement au centre : les étudiants ne produisent presque plus, ils sélectionnent et défendent.
On a essayé de leur faire faire ce que le studio ne leur demandera plus. Je ne sais pas encore si c'est de la formation ou de la nostalgie.
Deux cohortes à suivre
Aucune de ces deux réponses n'a encore produit de promotion arrivée sur le marché. Nous suivrons ces deux cohortes jusqu'en 2028.
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